La Turquie dans l'Europe : je réagis à l'article du Monde avec le Comité Parlementaire de Vigilance

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Membre de ce Comité, je ne puis que m’insurger contre les propos inexacts tenus dans la tribune du Monde du 21 février 2008. Je redis l’importance d’une Europe unifiée par la reconnaissance d’un héritage commun. Plus qu’une Europe économique aux frontières floues, j’appelle de mes vœux l’Europe politique désirée par ses bâtisseurs que l’entrée de la Turquie ne saurait favoriser.

La Turquie dans l’UE, le Comité Parlementaire de Vigilance répond aux détracteurs

Suite à la tribune publiée dans Le Monde de ce jour, le Comité Parlementaire de Vigilance souhaite rétablir la vérité. Tout d’abord, ce n’est pas parce que la candidature turque est ancienne qu’elle est plus, ou moins, valable qu’une autre. Ensuite, écrire que la Turquie est un état d’Asie mineure dont les frontières touchent la Syrie, l’Irak et l’Azerbaïdjan (Le Monde du 29 janvier) n’a pas vocation à « réveiller les fantasmes », c’est un fait géographique qui est à prendre en compte.

Pour ces députés européens: « dans un monde en mutation permanente, qui peut encore croire en une Europe figée à jamais par des « critères géographiques », entendons ethniques, culturels ou même cultuels ? ».
Nous, représentants de la Nation Française, européens convaincus, membres du comité parlementaire de vigilance, nous y croyons ! Qu’est-ce que l’Europe sinon le partage d’un héritage commun, culturel et cultuel, fondé sur des valeurs communes. La Turquie dans l’UE amènerait à une Europe aux frontières repoussées, à cet espace uniquement marchand voulu par les anglo-saxons, et surtout les américains. Triste paradoxe qu’être socialiste au XXIème siècle…

 

Cette tribune critique la position de la France qui ferait «cavalier seul», mais que dire de la position de la République de Chypre, de la Hongrie, de la Pologne, de la Grèce, des Pays-Bas ou de l’Autriche ? Il est également facile d’oublier les propos d’Angela Merkel qui, en janvier dernier, a rappelé l’hostilité de l’Allemagne à l’adhésion turque. Nous ne devons pas avoir la même définition de l’expression cavalier seul.

 

Cette opposition n’est pas qu’un « choix », mais une conviction profonde car l’Europe sans frontière c’est la mort de la grande idée de l’Europe politique, et cela nos concitoyens ne le comprendront pas. La Turquie ne peut prétendre entrer dans l’Europe puisqu’elle ne fait pas partie de l’Europe, c’est une évidence, tant sur le plan géographique qu’historique, c’est une évidence partagée par 71% des français, opposés à cette adhésion (Louis Harris-Juin 2007).

4 réponses à “La Turquie dans l'Europe : je réagis à l'article du Monde avec le Comité Parlementaire de Vigilance”


  • Je suis entièrement d’accord avec vous mais je trouve que ce discours n’est tenu que par trop peu d’élus ou n’est pas assez médiatisé.
    Blog tout à fait intéressant mon cher Oncle Fred (je me permets…)
    Merci.

  • Carlo de Reguardati

    Parmi les nombreux sujets sur la table concernant le projet Européen celui-ci, concernant la Turquie, en est un parmi tant d’autres.
    Pas davantage majeur dans une échelle de pondération des priorités restant à « inventer ».
    Il cristallise toutefois certaines postures.
    Mais n’appelle pas, ce faisant, à une véritable analyse en profondeur des problèmes qu’il pose.
    De quoi s’agit-il ?
    Au-delà des sondages et des évidences géo-politiques sous-jacentes, il y a un manque de cohérence.
    Manque de cohérence sur les fondamentaux de ce qu’est l’Europe: une forte réalité historique, culturelle et sociale.
    Cette réalité multiple est très complexe.
    Elle nous vient de loin.
    Comment oublier que l’Europe s’est bâtie patiemment depuis 1098 à la suite de Robert de Molesmes, fondateur de Cîteaux ?
    Comment pourraît-on oublier que le brassage européen le fût également grâce à l’essaimage pacifique et bâtisseur de l’ordre bénédictin ?
    Saint Benoît dit de Nursie, né d’Euproprius Anicius et de Constance Reguardati, n’a-t-il pas été désigné par un consensus unanime de tous les Etats membres de l’Union, comme Saint Patron de l’Europe ?
    Ceci pour l’ancrage historique que nul ne remet en cause.
    Dans la complexité des fondamentaux qui ont pétri l’Europe il y a aussi l’abandon de la guerre, de la xénophobie et de la violence comme « armes politiques ».
    A cet égard les deux plus récents conflits mondiaux, nés sur le sol européen, sont unanimement interprétés comme deux des guerres civiles les plus sanglantes entre peuples issus d’un même héritage et ancrage socio-culturel commun.
    Ces deux composantes peuvent être considérées comme des « éléments matrice » de ce qu’est, pour nous, l’Europe.

    Donc, avant tout, une appropriation légitime d’un héritage commun, espace historique, culturel, social, linguistique, pétri d’une complexité toute particulière, signe de sa spécificité et originalité à laquelle il est impossible de renoncer.

    Sur ces fondations en nulles autres pareilles, s’est élevé le projet politique européen à ce jour inachevé.

    Pour autant et par manque de cohérence, faut-il le sacrifier?
    Et au nom de quoi ?
    De la marchandisation ?
    D’une vision simplement libre-échangiste ?
    D’un opportunisme à courte vue ?

    Rien de tout cela ne peut nous engager au-delà de ce qui est nécessaire et aboutir à un effet de mode qui consiste à prendre le sujet de la Turquie comme central à nos préoccupations.

    La Turquie dans l’Europe ? Un mirage.

  • Bonjour,

    Afin de prendre en compte plus clairement la situation, il faudrait un référendum pour les pays dont l’appartenace au continent est ambigue, c’est a dire ceux dont la capitale se situe en dehors du continent européen.

  • Bonjour,
    Je vous remercie de votre proposition et en prends bonne note.
    Je demeurerai très attentif à cette question. La Turquie n’a pas vocation à intégrer les structures politiques et institutionnelles de l’Union Européenne. Soyez convaincu que je ne manquerai pas d’intervenir dans ce sens.
    Vous pouvez compter sur moi comme sur la majorité parlementaire à ce sujet.
    Bien à vous,
    JF POISSON

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