Mon engagement en faveur du service civique

A la suite de Christine BOUTIN, je m’engage, depuis le début de mon mandat, en faveur de la mise en place du service civique.

L’Assemblée Nationale examinait hier la proposition de loi sénatoriale.

Je suis intervenu tant dans la discussion générale que dans le dépôt d’amendements (pour lire les amendements, cliquer ici).

Je demeure intéressé par vos réactions à ce sujet.

Proposition de loi relative au Service Civique

Discussion Générale jeudi 4 février

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Frédéric Poisson, dernier orateur inscrit.

M. Régis Juanico. L’orateur de la vingt-cinquième heure !

M. Jean-Frédéric Poisson. Monsieur Juanico, les orateurs de la vingt-cinquième heure sont traités comme les ouvriers de la onzième, c’est-à-dire comme tout le monde… (Sourires.)

Je serai bref, car je n’ai que trois choses à vous dire : premièrement, ce texte est attendu ; deuxièmement, il est nécessaire ; troisièmement, il suscite quelques interrogations, qui ne m’empêcheront cependant pas de le voter même s’il n’y est pas totalement répondu au cours de son examen.

Ce texte est attendu. Nombre des précédents orateurs l’ont dit : depuis la suppression du service national, il fallait trouver le moyen de faire en sorte que les jeunes qui quittent l’environnement familial et scolaire disposent, avant d’entrer dans un univers quelque peu plus brutal et normé, d’une forme de sas qui leur permette d’être confrontés aux réalités du monde des adultes sans en payer complètement la note. Le service national avait cette fonction ; le service civique doit également servir à cela, ce dont je me réjouis.

Ce texte est nécessaire car c’est trop souvent, malheureusement, un message sinon de rejet, du moins de défiance, qui est adressé à la jeunesse de notre pays.

M. Daniel Boisserie. Il en va ainsi depuis que vous êtes au pouvoir !

M. Jean-Frédéric Poisson. Il est assez rare qu’elle jouisse de la confiance nécessaire pour mener à bien les opérations prévues par le texte que nous examinons. En somme, nous nous apprêtons donc à dire aux jeunes générations qu’elles sont, bien entendu, parfaitement capables de s’engager au service du bien commun et que les conditions réunies leur permettront de réussir, qu’elles sont parfaitement capables d’apprendre quelque chose et d’exercer ensuite leurs responsabilités de citoyens adultes. Voilà qui tranche avec l’habitude répandue de ne parler de notre jeunesse que pour pointer ceux qui sont délinquants, ceux qui ne réussissent pas, ceux qui sortent du système ou s’écartent du droit chemin. Après tout, le dispositif que vous proposez, monsieur le haut-commissaire, offre même à ceux-là une possibilité de découvrir l’engagement et de connaître la grandeur et la noblesse du service d’autrui.

Autre bonne nouvelle, ce texte délivre aussi un message d’exigence. C’est en cela, également, que je trouve qu’il est nécessaire. Il est bon que nos assemblées et le Gouvernement assurent aux jeunes que, s’ils peuvent, bien sûr, s’adapter au monde des adultes et réussir comme citoyen, c’est à certaines conditions et moyennant le respect de certaines règles et exigences auxquelles il est de la responsabilité de chacun de se plier.

Pour terminer, monsieur le haut-commissaire, j’exprimerai deux réserves.

La première porte sur le fait que n’apparaissent pas clairement les possibilités offertes aux jeunes de s’investir dans des contextes à caractère cultuel. (Murmures sur plusieurs bancs du groupe SRC.) Je n’ignore pas qu’il s’agissait d’éviter que des mouvements sectaires puissent en bénéficier. Vous m’accorderez cependant qu’aucune raison ne justifie que certains mouvements à caractère confessionnel, qui encadrent des jeunes, qui gèrent des paroisses, etc., n’aient pas la possibilité d’accueillir les jeunes effectuant leur service civique. Un dispositif de nature à leur offrir cette possibilité doit pouvoir être trouvé.

M. Marcel Rogemont. Dans les paroisses ?

M. Jean-Frédéric Poisson. Les conseils paroissiaux, monsieur Rogemont, sont des structures associatives déclarées et tout à fait encadrées. Il doit même s’en trouver dans votre circonscription !

M. Régis Juanico. C’est que M. Rogemont en garde un mauvais souvenir ! (Sourires.)

M. Jean-Frédéric Poisson. Par ailleurs, je suis toujours réservé lorsqu’un texte prévoit la création d’une nouvelle agence ou d’un nouvel organisme public. Lorsque nous avions discuté de la création du contrôleur général des lieux privatifs de liberté, nous avions débattu – Françoise Hostalier s’en souvient certainement – de la question de savoir s’il ne fallait pas en profiter pour regrouper les organismes publics ayant des vocations comparables. À l’heure où la RGPP commence à produire ses effets, vous comprendrez, monsieur le haut-commissaire, que je sois attaché au fait que les organismes publics ne prolifèrent pas outre mesure et plus que de besoin.

Je tenais à vous dire tout cela, mais je voterai de toute façon ce texte, et je le ferai avec joie.

Mme la présidente. Mes chers collègues, la discussion générale est close.

Lire mes amendements

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