
Ce mercredi soir, je suis monté à la tribune de l’Assemblée Nationale pour défendre les intérêts du Sud-Yvelines dans le cadre du projet du Grand Paris.
« Mon but n’est pas de me lancer dans un plaidoyer pro domo, mais au moins d’appeler votre attention sur l’impact qu’aura le Grand Paris sur les franges rurales de la région Île-de-France. »
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Projet de loi relatif au GRAND PARIS
Séance du mercredi 25 novembre
M. le président. La parole est à M. Jean-Frédéric Poisson, ultime orateur inscrit ce soir.
M. Jean-Christophe Lagarde. Ce sera le meilleur !
M. Jean-Frédéric Poisson. Aux termes de l’article 1er du projet, dans le texte de la commission, le Grand Paris a pour objet de susciter le développement de l’ensemble de la région capitale et vise à une plus grande solidarité entre territoires. Mon but n’est pas de me lancer dans un plaidoyer pro domo, mais au moins d’appeler votre attention sur l’impact qu’aura le Grand Paris sur les franges rurales de la région Île-de-France.
Même si le périmètre du Grand Paris est circonscrit à un territoire compris dans les quatre ou cinq premières zones de la carte orange, les habitants qui résident au-delà, comme ceux du sud des Yvelines, département qui ne vous est pas complètement inconnu, monsieur le secrétaire d’État, s’interrogent, comme leurs élus, sur l’impact de ce projet sur leur territoire.
Les projets de transport, d’aménagement, de constitution de grands centres de recherche, avec les emplois et les logements qu’ils devraient créer, auront sans aucun doute un impact important sur des territoires ruraux marqués par quatre caractéristiques qui posent déjà problème à nos élus. D’abord, la population croît rapidement ; ensuite, l’offre de transport est au mieux la même qu’il y a quelques années, quand sa qualité ne diminue pas ; en outre, la capacité de construction de logements est comme partout limitée par la protection des espaces ruraux et forestiers ; enfin, conséquence de ces trois derniers points, les communes seules ne peuvent faire face à un besoin croissant d’équipements publics.
Or, monsieur le secrétaire d’État, le Grand Paris, au-delà de ses frontières administratives, marquera évidemment le territoire rural. Notre collègue Lamy, notamment, a tout à l’heure largement évoqué le projet de Saclay : la concentration sur un territoire important d’un grand ensemble dédié à la recherche, avec à la clef des créations d’emplois, aura des conséquences sur notre territoire voisin. On pourrait en dire tout autant du sud de l’Essonne, je suppose.
Il est possible que les personnes qui iront travailler dans ces centres de Saclay s’installent dans notre territoire, prennent les transports à partir de là, et ainsi il se pourrait que notre territoire rural connaisse un afflux de population, entraînant un besoin accru d’équipements et de logements. Si nous ne pouvons y faire face directement, nous subirons dès lors les inconvénients de ce grand projet plutôt que nous ne bénéficierons de ses avantages.
Bien sûr, les habitants du sud des Yvelines se réjouissent de l’amélioration du réseau de transports inscrit dans le périmètre du Grand Paris. Je suppose que le futur métro et les aménagements prévus dans la partie du projet sur laquelle nous travaillons avec Gilles Carrez profiteront à tous les Franciliens. Mais pour les habitants du sud des Yvelines ou du sud de l’Essonne, il faudra rejoindre ce nouveau réseau de transports. Or je ne pense pas qu’en l’état actuel, le réseau existant le permette complètement.
Monsieur le secrétaire d’État, mon intervention peut donc se résumer à une seule question : j’ai compris que le projet relatif au Grand Paris était marqué par une volonté de solidarité entre les territoires. Mais comment l’État va-t-il pouvoir, soit à lui seul, soit en s’appuyant sur les collectivités territoriales, faire en sorte que l’impact du Grand Paris sur les zones rurales se fasse dans le sens d’une plus grande solidarité entre les territoires, pas seulement ceux qui sont circonscrits dans le périmètre administratif du Grand Paris, mais au delà ? Mon intervention, monsieur le secrétaire d’État, vise à appeler votre attention sur la ruralité francilienne. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)


Monsieur le Député,
nous tenons à vous exprimer notre satisfaction et nos remerciements pour votre intervention dans l’hémicycle, concernant le projet « Grand Paris ». Outre le fait que notre capitale doit retrouver la place et l’attractivité qu’elle mérite, sur le plan économique, culturel et social, il ne faut, en effet, pas oublier les territoires périphériques surtout s’ils sont ruraux.
Il n’est pas question , bien sur, d’opposer le rural et l’urbain. Mais la réalité est là. Nos communes rurales non pas les mêmes moyens financiers que les villes urbaines. Bien que les EPCI permettent à davantage de projets de voir le jour, il n’en reste pas moins que nos réseaux routiers, nos moyens de transports en commun, nos équipements scolaires, nos zones constructibles, sont limités et ne supporteraient pas un afflux supplémentaire de population attiré par le cadre de vie de nos villages. Nous voulons absolument conserver l’équilibre entre zones d’habitat et zones agraires (dont la surface est de plus en plus menacée). C’est actuellement la clé de notre bien être et de notre bien vivre.
On peut prendre la RN 191 comme exemple, où déjà, le nombre croissant de poids lourds pose de plus en plus de problèmes de sécurité et de nuisances. On peut aussi citer le projet d’enfouissement de Groslieu, qui menace gravement notre environnement et notre santé ou le projet d’aéroport à Beauvilliers (que l’on espère définitivement enterré)
Merci infiniment, Monsieur le Député, de défendre tous les territoires de la 10eme circonscription, avec leurs différences et leurs qualités. (Encore une promesse de campagne législative tenue)
Très cordialement.
Philippe RYO
Ce qui me plaît beaucoup, outre le fait de défendre les intérêts du Sud-Yvelines avec des arguments relevant des domaines économiques et écologiques, c’est le ton mesuré et constructif de ces propos : on ne refuse pas la marche en avant que peut devenir un grand Paris, mais il est justement demandé que cela ne se fasse pas au détriment de notre territoire, et donc que chaque aspect du projet soit bien maîtrisé dans tout ce qu’il va entraîner pour nous.
Bravo et merci.
Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre message qui m’encourage à continuer dans cette direction.
Je tiens à vous remercier aussi pour votre fidèle soutien et de l’intérêt que vous portez à mon travail.
Je vous sais un observateur attentif de la chose publique, et vos observations me sont toujours d’un réel apport.
Bien à vous
JF POISSON
Bonjour,
nous nous sommes rencontrés il y a peu de temps à Rambouillet et j’ai par ailleurs apprécié l’entretien que vous m’avez accordé, sachez que je serais très honoré de pouvoir travailler à vos côtés, mon rôle d’homme de terrain et donc d’observateur me permet de remonter les divergences et les problèmes avant qu’ils ne deviennent trop vite polémiques. Le chemin à parcourir est long et il est semé d’embûches, le classement de la plaine de Neauphle-Jouars-Pontchartrain, L’extension du PNR, les terres de Thoiry, la liaison Mantes-Sant Quentin même si cette dernière semble avoir été abandonnée, et puis surtout les transports routiers de marchandises dont il faudra bien limiter l’expansion dans le département et en Ile de France, la rénovation et les nouvelles structures pour les usagers empruntant les transports en commun. Je sais que vous connaissez ces dossiers vous l’avez démontré et je suis convaincu de votre implication et de vos compétences pour avancer dans un contexte pourtant difficile.
Bien cordialement
Alain Bretel