Que pensez-vous du RSA ?
J.-F. P : Il faut instaurer le revenu de solidarité active. Qui peut en effet accepter que l’on dispose d’un revenu plus important en ne travaillant pas qu’en travaillant ? Qui serait motivé à reprendre une activité avec la perspective « d’y perdre » financièrement ? Le RSA est un encouragement à la volonté personnelle de réinsertion. Le recours à la solidarité nationale est justifié par l’effort personnel de ceux qui en sont aujourd’hui en situation fragile et souhaitent « en sortir ».
Les débats sur son financement sont-ils clos ?
J.-F. P. : Non et tant mieux ! Comme de nombreux parlementaires de la majorité refusent le recours à une nouvelle taxe de 1,1% sur les revenus issus des placements, parce que d’autres moyens sont ouverts : le redéploiement des dépenses du chômage et les économies sur le train de vie de l’Etat notamment. Au-delà de ça, une nouvelle taxe aurait des incidences très néfastes sur l’investissement locatif. Et puis, les revenus dont il s’agit sont déjà passés au moins quatre fois au tamis de l’impôt. Les classes moyennes, déjà lourdement sollicitées sur le plan fiscal, ne doivent pas être davantage mises à contribution, qui plus est dans des proportions parfaitement inconnues à cette heure.
Pourquoi cette volonté de ne pas recourir à l’impôt ?
J.-F. P. : Notre pays doit revoir la répartition de l’effort fiscalité du travail/fiscalité du capital. Cette opposition n’est plus pleinement d’actualité dans un monde où les revenus du capital (par ailleurs légérement taxés) sont très souvent : 1) des revenus de complément, 2) des effets de placements à long terme, dont certains sont encouragés par les politiques gouvernementales (politique d’investissement immobilier notamment), 3) des revenus qui participent souvent largement à l’équilibre financier des ménages qui le reçoivent.




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